Devoir de vigilance et environnement en Afrique

En Afrique, les entreprises font face à une nouvelle donne : les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) et le devoir de vigilance qui viennent redéfinir les attentes en matière de responsabilité.

Sous la pression croissante des investisseurs et de la société civile, la transparence devient une nécessité. Sur un continent composé d’écosystèmes fragiles et marqué par une exploitation intensive des ressources naturelles, intégrer ces nouvelles dimensions dans les décisions stratégiques devient crucial pour préserver l’environnement et protéger les droits humains des populations autochtones et communautés locales.

 

I. Les normes ESG : un levier d’influence sur les multinationales

Bien que souvent non contraignantes, les normes ESG exercent une influence grandissante sur les entreprises étrangères opérant en Afrique. Elles conditionnent l’accès aux financements, aux marchés internationaux et aux réseaux d’affaires. En exigeant une gestion durable des ressources naturelles, le respect des communautés locales et une gouvernance rigoureuse, ces normes permettent de pallier les lacunes des réglementations africaines locales. Ainsi, elles incitent les entreprises à anticiper et à réduire les impacts environnementaux et sociaux de leurs activités sur le terrain.

II. Le devoir de vigilance : renforcer l’obligation de responsabilité

Porté par des textes de droit interne à l’instar de la loi française de 2017, le devoir de vigilance impose aux multinationales d’identifier, de prévenir et de réparer les risques environnementaux et sociaux liés à leurs activités, y compris celles de leurs filiales et partenaires. Ce cadre pourrait être un exemple afin de renforcer la protection de l’environnement dans certains pays en Afrique, mais sa mise en œuvre se heurte à des défis : disparités réglementaires entre pays et capacités inégales de contrôle. Pour être efficace, les normes ESG doivent s’appuyer sur des mécanismes robustes de suivi, d’audit et de dialogue avec les parties prenantes.

Conclusion

En somme, ESG et devoir de vigilance viennent dessiner une nouvelle approche de la responsabilité des entreprises en Afrique. Ce dispositif contribue à prévenir les atteintes à l’environnement et aux droits humains dans des contextes où la régulation peut être défaillante, tout en alliant engagements volontaires et obligations légales. Une meilleure appropriation par les multinationales dans l’espace francophone en Afrique, couplée à un renforcement des cadres juridiques africains, pourrait ouvrir la voie à une gestion plus cohérente et durable des ressources du continent.

Références bibliographiques :

– France, Loi n°2017-399 du 27 mars 2017 relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre.

– UNEP, Corporate Environmental Responsibility in Africa, Nairobi, 2020.

 

Par Chancia IVALA | Juriste en droit de l’environnement

© Tous droits réservés. Toute reproduction de cet article est interdite sans l’autorisation de l’auteure